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Témoignages

Kévin (29 ans). Salarié.

Résident Habitat Jeunes des Hauts de Garonne. Lormont

Après une formation d’infographiste en signalétique effectuée dans le Lot-et-Garonne, je me suis mis en quête d’un emploi. Sachant que j’étais mobile géographiquement, je m’adapterai à la situation selon les opportunités professionnelles qui se trouveraient sur ma route. Il y a un peu plus deux ans, j’ai quitté Agen pour m’installer sur Bordeaux en février 2008 pour intégrer une entreprise basée à Mérignac sur un poste d’infographiste pour panneaux publicitaires. Après un essai peu concluant, je me suis retrouvé sans emploi. En outre, il fallait que je me loge. Un peu déçu car je venais de laisser derrière moi, logement, amis, activités sportives….Bref, aimant les grandes villes et persuadé qu’il y a plus de possibilités pour trouver un job, je décide de rester.

Avant de partir pour l’aventure, j’avais pris quelques précautions et notamment mené des recherches sur Internet. J’avais relevé les coordonnées de plusieurs adresses Habitats Jeunes. En priorité, j’avais ciblé Bordeaux centre mais à cette période de l’année, il n’y avait plus de place disponible à la résidence Jacques Ellul proche de la Gare. J’ai passé un coup de fil à Habitat Jeunes des Hauts de Garonne, résidence Foyer Jeunes Travailleurs située sur la rive-droite de Bordeaux, à Lormont. La ville étant desservie par les lignes de tram, cela ne m’a pas posé de problème car en 20 minutes j’étais rendu à Bordeaux. La structure disposait alors de quelques places et a pu me proposer une chambre immédiatement. Les démarches sont simples.

Une fois les valises posées, j’ai enchaîné des petits boulots (colleur d’affiches, enquêteur, serveur …) pendant 1 à 2 mois. En parallèle, je poursuivais ma recherche d’emploi. Je souhaitais du stable et du durable. Dans ce cadre, je m’étais inscrit au PLIE des Hauts de Garonne situé à Lormont non loin de la résidence. Très rapidement, une conseillère m’a proposé un poste en CDI comme façonnier dans une imprimerie implantée sur Lormont à quelques centaines de mètres de mon lieu de vie. Toutes les conditions étaient réunies ! Ma prise de fonction s’est bien déroulée. J’ai été accueilli et accompagné par l’équipe en place, ce qui a facilité mon insertion.

Pour revenir sur mon quotidien à la résidence, cette vie en collectif m’a permis d’échanger et de rencontrer des personnes venant d’horizons différents que je n’oublierai pas. Ainsi, j’ai pu tisser un réseau de connaissances, voir d’amis. Pour imager, c’est un peu les colonies de vacances. Lorsque l’on arrive d’ailleurs, seul, c’est un soutien important qui permet de s’épanouir sur le plan personnel. Une équipe de professionnels (animateurs, responsable logement) répond à vos besoins et vous guide dans vos démarches. Cette présence est rassurante et structurante. J’ai eu plaisir à m’investir dans la vie de la résidence en participant à de multiples activités organisées : ateliers cuisine, sorties culturelles… Vivre dans de telles conditions favorables…pour le coup, je me suis trouvé chanceux et cela continue !

Puisqu’aujourd’hui, je franchis une nouvelle étape ! En effet, j’emménage dans mon appartement à la Bastide, mon chez moi que je vais meubler à mon goût.

Avec recul, je pense que vivre en résidence sociale constitue un réel tremplin qui prépare, par paliers, à cette autonomie trouvée ou retrouvée.

 

Christophe. Directeur associé - Imprimerie Pixagram. Lormont


Mon associé et moi-même avons repris cette imprimerie, il y a 2 ans déjà. Auparavant, nous étions implantés à Bordeaux Bastide. En s’installant en zone franche, nous avons rapidement eu pour priorité de nous inscrire dans le développement socio-économique de la rive-droite et maintenant plus particulièrement de la ville de Lormont.

Cette volonté s’est notamment traduite par la rédaction d’une charte Imprimeur Citoyen car partant du postulat que nous sommes tous acteurs dans l’environnement qui nous entoure. Notre action ne se résume donc pas qu’à une démarche écologique au sens strict du terme mais bien au-delà, par un engagement durable dans le domaine économique et social. Nous allons jusqu’au bout de notre réflexion puisque nous recrutons nos salariés par l’intermédiaire du PLIE (Plan Local d’Insertion et l’Emploi) des Hauts de Garonne. Les personnes inscrites dans ce dispositif sont en réelle recherche d’un emploi pour se sortir de la spirale du chômage. En parallèle, nous menons des actions de parrainage de personnes en recherche d’emploi en liaison avec le Pôle Emploi.

C’est ainsi que nous avons recruté, il y a un peu plus d’un an un jeune pour travailler sur un poste de façonnage. En mobilité professionnelle, il arrivait du Lot-et-Garonne dans un département qu’il ne connaissait pas. Par chance, il a pu trouver un logement à la résidence Habitat Jeunes des Hauts de Garonne implantée sur Lormont à quelques centaines de mètres de l’entreprise et desservie par une ligne de Tram.

Nous pensons qu’un salarié résidant à proximité de son lieu de travail offre que des avantages: ponctualité, disponibilité, efficacité. En effet, pas de perte de temps, pas de stress et de fatigue liés aux temps de transport. Mois de contraintes horaires ce qui permet de la souplesse de travail si nécessaire pour l’employeur. Et du côté salarié, c’est une économie non négligeable sur son budget mensuel devenu de plus en plus serré. Tenant compte de cette réalité économique, nous prenons en charge le coût financier du tramway. En outre, nous avons pour éthique de rémunérer le personnel à la bonne hauteur en fonction de leurs compétences et non au smic. Nous nous attachons à valoriser d’une part leur savoir-faire et par ailleurs de leur permettre de vivre décemment.

Quand dire, c’est faire ! Le développement durable s’applique à la gestion globale de l’entreprise (achat des matières premières, production, ressources humaines...) et doit se formaliser par des actes concrets.

Quentin (17 ans). Apprenti en 1ère année Bac professionnel Géomètre-Topographe. CFA Le Vigean. Eysines

Résident Habitat Jeunes Jacques Ellul. Bordeaux

En septembre 2009, j’étais interne au CFA en chambre de 4 lits. Cette formule ne me convenant pas, j’ai cherché une autre solution d’hégergement. Le chargé de coordination m’a parlé d’un Foyer Jeunes Travailleurs situé à Bordeaux. Cet établissement accueille les jeunes y compris mineurs en mobilié. L’accueil en séjour fractionné correspond à ma situation puisque ma formation se déroule en alternance : 1 semaine de cours pour 1 semaine chez mon employeur basé à Toulouse.

Depuis avril 2010, je  suis logé à l’Habitat Jeunes Jacques Elull, dans un appartement (25m2 avec coin cuisine) situé proche de la gare et d’une station de tram. Au début, le mot « résidence sociale » m’a fait un peu peur car je l’assimilais à un centre éducatif. Au final, la vision que j’en avais n’a rien à voir avec la réalité ! La brochure d’accueil attractive m’a permis de modifier mes à priori. 

Avoir mon indépendance et un chez moi m’a complètement séduit. Je ne vis plus les contraintes horaires d’un internat rythmées par les repas, douches, devoirs et extinction des feux. Ici, bien sûr, il y a un règlement intérieur, mais c’est plus souple. J’ai plus de liberté individuelle. Néanmois, compte tenu de mon âge, je dois être rentré pour 18h30.  

Une fois au foyer, je fais ce que je veux. Je peux ne rien faire et rester dans ma chambre comme je peux aussi profiter des espaces collectifs (multimédia, salle de sport...). Mis en responsablité et considéré comme un adulte, je suis bien plus motivé à donner de ma personne. Acteur dans la sollicitation. cela ne me gêne pas par exemple de faire la vaisselle, de mettre la table et de participer à la vie collective. 

Je ne suis pas seul. Je peux échanger avec les autres résidents et les animateurs à l’écoute de tes besoins qui établissent une relation moins autoritaire.

Cette indépendance me permet de me projeter en situation de responsablité réelle vis à vis de moi-même et des autres. En outre, cette étape constitue une bonne transition entre la vie chez les parents et l’autonomie future dans un chez soi.

Et puis, le temps trajet offre une vraie coupure avec le centre de formation. Je décompresse de la journée. Habitué à voyager avec ma famille dans de nombreux pays (Italie, Espagne, Angleterre, Tunisie...), utiliser les transports en commun ne me dérange pas. Rapidement, je me suis adapté à ce nouveau mode de vie et à cette ville que je ne connaissais pas. Je suis ouvert aux autres, la culture, l’histoire... en cours de français cela m’est bien utile!

A 18 ans, j’ai pour objectif de m’installer chez moi, car les parents c’est un peu comme l’internat ...fais pas si...fais pas ça ! Grandir, c’est apprendre à se séparer de ses proches un jour où l’autre pour prendre son envol.

 

Elisabeth (18 ans) - Lycéenne

Résidente Habitats Jeunes Le Levain - Bordeaux

Je prépare un Bac ES. Et j’ai pour projet professionnel d’intégrer une école infirmière après le bacho. Cela fait deux donc 2 ans que je vis à la résidence Habitats Jeunes Le Levain située en plein centre de Bordeaux, depuis mes 16 ans. Je suis venue m’insataller là car mes parents sont partis vivre à l’étranger et je voulais continuer mes études à Bordeaux tout en ayant un accompagnement sécurisant. En outre, ce lieu a pour particularité d’accueillir uniquement un public féminin. C’est ma mère qui en avait entendu parler de ce mode d’hébergement et qui est tombée sur le site Internet de l’association. Nous avons tout de suite pensé que dans l’urgence, c’était une très bonne solution, et qu’ainsi je ne serais pas livrée à moi-même…

J’ y apprécie la sécurité et le contact avec les autres, car dans mon Habitats Jeunes, nous organisons beaucoup de choses avec les résidentes et l’équipe professionnelle. Nous ne sommes jamais seules. Un inconvénient toutefois, propre à notre structure, est le fait de ne pas pouvoir inviter des personnes extérieures dans les étages, dans nos logements privés, mais cela va changer ! 

J’essaie de m’impliquer au maximum dans la vie de l’association, dans les animations, les réunions. J’ai même porté un projet de création de jardin aromatique qui a été financé par la mairie de Bordeaux dans le cadre du dispositif AJC. Récemment, avec des copines de l’Habitats Jeunes, j’ai participé à des ateliers de réflexion «Jeunes et Architecture» pour l’aménagement de futures structures. J’essaye également de tenir au mieux mon rôle de déléguée pour représenter les résidentes de l’établissement. C’est très enrichissant et intéressant de pouvoir participer ainsi à la vie de l’association, de pouvoir donner son avis.

CFA Albert 1er - Bordeaux

Entretien avec Marc Saint Germain, Conseiller Principal d’Education - Institut des métiers -
CFA Albert 1er. Bordeaux de la Chambre des Métiers et de l’artisanat de la Gironde.

 


Le CFA Albert 1er/Bordeaux de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de la Gironde participe à l’expérimentation menée par deux associations Habitat Jeunes de Bordeaux  (Foyer pour Tous et Le Levain) en réponse à l’appel à projet « Hirsch » porté par le Haut Commissaire à la Jeunesse initié à la rentrée scolaire 2009 visant à sécuriser l’orientation vers l’alternance et la rupture des parcours de formation des apprentis.

Cette action consiste à créer les conditions d’accueil et de logements de jeunes apprentis mineurs pendant leurs semaines de formation. Les associations ont ainsi développé des solutions de séjours fractionnés et une démarche socio éducative adaptées aux besoins de ce public spécifique.

En quoi l’offre de séjour fractionné en résidences Habitat Jeunes répond t- elle à la problématique hébergement du CFA Albert 1er ?

L’offre de logement temporaire en séjour fractionné proposé dans les résidences Habitat Jeunes qui accueillent des jeunes mineurs en formation par l’alternance répond à un réel besoin de notre centre de formation. Tout simplement, la fonction hébergement n’a pas été internalisée dans notre CFA. La Chambre des Métiers de la Gironde a privilégié les moyens alloués à la construction des locaux d’enseignement et sur les équipements professionnels de qualité en adéquation avec la réalité des entreprises. De plus, la forme internat est souvent rejetée par les apprentis qui sont en désir de plus d’indépendance, l’âge avançant.

Ce principe d’accueil des apprentis a été formalisé par la signature d’une convention partenariale tripartite (Association/Chambre des Métiers/ Conseil Régional) qui prévoit la mise à disposition de logements à la nuitée pour ces jeunes.

 Pour palier à cette carence, comment avez-vous aidé les jeunes à se loger sur la CUB ?

Jusqu’ici, nous avons eu recours à des réponses alternatives avec la Maison de la Promotion Sociale (Artigues Près de Bordeaux), mais le site est trop éloigné de Bordeaux et mal desservi par les transports en commun. Il arrive aussi que nous traitions avec l’Auberge de Jeunesse de Bordeaux. Nous collaborons également avec certains internats de lycées. Néanmoins, ces solutions relais ne sont pas satisfaisantes car elles sont à risques dans la mesure où les apprentis mineurs ne sont pas encadrés en termes d’horaires.
Et puis, les jeunes trouvent également d’autres modes de dépannage entre eux. Quelques uns pratiquent la colocation, où se logent dans les résidences hôtelières mais le coût reste assez élevé.

Comment font les plus en difficulté ?

Ceux dont le budget ne permet pas toujours de prendre un logement se rabattent sur les transports. L’amplitude des journées cumulée aux rythmes alternés (1 semaine en CFA/ 3 semaines en entreprise), auxquels s’ajoutent les temps de trajets et la multiplicité des transports (train, tram, bus, 2 roues, voiture..), sont des facteurs qui alourdissent et impactent le parcours de formation du jeune. Autant de d’obstacles (freins) qui selon les situations peuvent nuire au bon déroulement de la formation et dans certains cas, conduire à la rupture du contrat de travail.

Qu’elle est la nature des demandes exprimées par les familles ?

Les familles nous sollicitent lorsque leur lieu de résidence est éloigné de la structure de formation y compris sur les communes de la CUB (exemples : Mérignac, Bruges, Blanquefort...) et hors département compte-tenu des difficultés liées aux temps de transports. Dès lors, les parents attendent une offre consolidée pour leurs enfants mineurs et recherchent un environnement sécurisant après les heures de cours.

Le concept développé par les Habitats Jeunes correspond t–il  à la demande de ces jeunes au parcours résidentiel fractionné?

La formule globale développée en résidences HJ apporte une réponse adaptée aux différents problèmes que rencontrent ce public particulier dans la vie quotidienne, et ce moyennant une redevance minorée (si l’on compare à un bail classique) pour un logement meublé et équipé. Cet aspect est important, sachant que les ressources financières des apprentis sont faibles avec un revenu allant de 400 à 700 euros mensuels. De plus, le coût engendré par une double résidence voire une triple parfois (lieu de formation/domicile/entreprise) pour les plus éloignés géographiquement, occasionne des dépenses supplémentaires.

Ce dispositif d’accueil reste souple au niveau des modalités d’accès et de départ. La flexibilité est une clef importante pour ces jeunes actifs en mobilité professionnelle. En outre, les structures proposent un cadre de vie convivial, structurant et repérant pour les plus jeunes. Offre complétée par des services et des équipements variés : salle de restauration, banque alimentaire, laverie, espaces collectifs divers (salle de sport, jeux, informatique, TV). C’est un atout ! Des animateurs organisent et coordonnent des activités (atelier cuisine, ciné, théâtre ...) pour tous. Et puis, lorsque le jeune quitte sa famille et ses amis, il se sent moins isolé en arrivant dans un environnement balisé. Des équipes de professionnelles sont présentes en journée y compris en soirée pour accompagner et faciliter l’intégration du jeune. L’établissement est surveillé 24h/24h et ouvert 7j/7.

A l’heure du bilan, quels constats depuis le lancement de l’expérimentation et quelles perspectives pour l’avenir ?

Il est certain que la proximité des lieux – Hébergement/CFA/Entreprise - joue un rôle déterminant dans le parcours de formation du jeune, moins de lassitude liée à la lourdeur du mode de vie. Avantages dont les apprentis tirent profit pour se détendre, pratiquer une activité (sportive, culturelle...). Mais surtout, ils peuvent consacrer plus de temps au travail personnel dans des conditions nettement optimisées et les effets se mesurent sur les résultats scolaires. Cette démarche participe de la réussite de l’apprentissage et, par corrélation contribue à l’insertion professionnelle future des jeunes sur le marché de l’emploi.

Le logement vient soutenir le jeune en formation dans la mesure où il peut freiner le décrochage scolaire en raison d’un parcours dit trop « galère » pour reprendre leur expression. Certains apprentis, aux profils fragiles, nécessitent une prise en charge de ce type. Au-delà, c’est aussi leur permettre de s’émanciper et d’accéder à une autonomie progressive faisant levier dans leur vie de tous les jours. Cette étape transitoire est vécue comme un tremplin pour l’avenir passant par une mise en responsabilité préparant à la vie active.

En 2009/2010, première année de la mise en œuvre du projet, 5 à 8 apprentis mineurs du CFA Albert 1er de Bordeaux ont choisi ce modèle résidentiel. A la rentrée 2010/2011, nous avons 19 apprentis qui ont opté pour ce mode locatif.

Les situations de jeunesse étant très diversifiées, on remarque une évolution de la demande. Pour y répondre au mieux, il serait nécessaire d’augmenter la capacité d’accueil afin d’étendre le dispositif aux autres CFA du département car notre bassin de recrutement est vaste et dépasse les frontières de la Gironde voire de l’Aquitaine.

Nous travaillons aussi au renforcement des échanges entre acteurs concernés et réseau de partenaires associés sur cette action afin de la pérenniser dans le temps et de la développer sur d’autres territoires. J’ajouterai que nos cultures sont complémentaires et convergent vers un objectif commun, apporter notre contribution aux politiques jeunesses.

L’URHAJ Aquitaine en image...